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Ahrefs est de loin le plus connu de tous les outils SEO.
Fait moins connu : c’est aussi le 2è plus gros bot d’indexation du monde après Google.
En effet, pour avoir de l’information fraîche sur des millions de sites, dans le monde entier, dans tous les domaines, il faut disposer d’une énorme puissance d’indexation.
C’est le cœur du business-model d’Ahrefs : rassembler de l’info sur les sites et les pages web, précisément le type d’info que Google ne nous donne pas, mais qui peut servir à optimiser le référencement des sites et des pages. Donc à griller la concurrence et faire gagner plein de sous à ses clients, tout en s’achetant une villa avec piscine. Du moins c’est la théorie… comme on va le voir, la pratique diverge légèrement, d’environ 6 milliards d’années-lumière (j’ai mesuré !)
A la suite d’Ahrefs, les outils d’analyse SEO les plus connus sont Semrush et Moz.
Mais, puisque Google et Ahrefs / Semrush / Moz sont des entités différentes, aux intérêts divergents, aux moyens sans commune mesure, les données que nous vendent les outils d’analyse SEO correspondent-elles aux données qu’utilise Google ? C’est ce qu’on va chercher à vérifier dans cette série d’études.
Etude 1 : les liens entrants (backlinks) d’un site d’après Ahrefs, correspondent-ils aux liens reconnus par Google d’après la Google Search Console ?
A la recherche du PageRank perdu
Les liens entrants sont, c’est écrit partout, un des principaux facteurs du référencement.
Ils déterminent ce qu’on appelle l’autorité de domaine.
Ce concept tire son origine du PageRank de Google.
Le PageRank, algorithme de classement des pages, intégré dans Google depuis ses débuts en 1997, et qui a fait son succès, était publiquement accessible jusqu’en 2015.
A cette date, Google a cessé de rendre le PageRank d’un site et d’une page public, estimant que les référenceurs l’utilisaient pour violer ses « guidelines », les « lignes directrices » qu’édicte Google en matière de « bon référencement ».
Cette disparition dramatique d’un concept opératoire à valeur stratégique a créé un grand vide, dans lequel se sont engouffrés les outils d’analyse SEO. Tous trois ont cherché à reconstituer la donnée disparue :
- Ahrefs avec son Domaine Rating (DR),
- Semrush avec son Domain Authority (DA),
- Moz avec son Domain Authority,
- etc.
Le souci, c’est que ces outils qui prétendent reconstituer le PageRank donnent, pour les mêmes urls, des valeurs très différentes. Donc, plusieurs d’entre eux se trompent forcément dans leur évaluation.
De plus, étant donné que le PageRank n’est plus public, et que les algorithmes de Google sont secrets, il n’existe aucun moyen de vérifier la qualité des reconstitutions du PageRank : il est même possible qu’Ahrefs, Semrush, Moz et les autres, fassent tous des évaluations erronées du PageRank, et ne vendent finalement que du vent et des rêves.
L’autorité de domaine d’un site selon 4 sources : 4 « données » différentes !
Je vais d’abord faire une étude toute simple : je vais demander à ces 3 outils + Google Search Console de me donner l’autorité de domaine de mon site boutique-wp.fr.
J’obtiens ces résultats :
| Source | Autorité de domaine |
|---|---|
| Ahrefs | 37 / 100 |
| Semrush | 19 / 100 |
| Moz | 20 / 100 |
| Mystère ! |
Il est évident qu’aucun des 3 n’a les mêmes méthodes de calcul, et que ces chiffres qui varient du simple au double ne correspondent peut-être pas à grand-chose.
Sur quoi ces chiffres sont-ils basés ? Sur les backlinks identifiés par chaque outil pour le domaine en question.
Or, ce nombre de backlinks varie lui aussi énormément selon les 3 outils – mais pire : il varie encore plus quand on le compare avec les données de Google Search Console, la source la plus fiable à cet égard vu que le seul qui commande, le seul qui sache quels liens il compte, c’est Google, pas Ahrefs ni Semrush ni Moz.
Voici donc le nombre de backlinks et de domaines référents selon les 3 outils et selon Google :
(Note pour les personnes qui n’ont pas encore eu la chance de se faire torturer l’esprit avec les concepts du SEO :
- les backlinks sont les liens entrants, c’est à dire les liens que reçoit la page que je considère, depuis des pages sur d’autres sites ; la théorie veut que ces liens soient interprétés par Google comme une sorte de vote humain concernant la qualité de ces pages, une sorte d’indice de popularité, qu’on appelle l’autorité ; je crois toujours à ce concept, mes tests semblent montrer qu’il a du vrai
- le nombre de domaines référents, est le nombre des sites qui font un lien vers la page ou le site que je considère ; on a besoin de ce concept pour pondérer celui de backlinks : en effet, une page A pourrait recevoir 100 liens de 100 sites différents, et une page B pourrait recevoir 100 liens également, mais d’un seul site : quelle page serait jugée la plus populaire, à votre avis ? La page A évidemment, car la popularité de la page B pourrait être frauduleuse ; donc pour mesurer l’autorité d’un site, la nombre de domaines référents semble être un facteur plus important et plus précis que le nombre des backlinks)
Le nombre de backlinks et de domaines référents d’un site selon 4 sources : 4 « données » différentes !
| Source | Nombre de backlinks | Nombre de domaines référents |
|---|---|---|
| Ahrefs | 1100 | 190 |
| Semrush | 3700 | 294 |
| Moz | ? | 343 |
| Google Search Console | 1 139 | 135 |
On constate là aussi que les chiffres varient beaucoup selon les sources, ce qui est évidemment aberrant : en SEO, on a besoin de données fiables, pour éviter de travailler non seulement avec des théories fausses (comme une grande partie du SEO sémantique…) mais aussi avec des données fausses…
On voit donc qu’Ahrefs et Google sont à peu près d’accord, dans ce cas-ci, sur le nombre de backlinks reçus par mon site, alors que Semrush en compte presque 3 fois plus que Google !! Là, c’est forcément Semrush qui a tort.
On voit ensuite qu’Ahrefs et Google sont pourtant en désaccord sur le nombre de sites référents : le chiffre donné par Ahrefs est 40% plus élevé que celui donné par Google. C’est pire pour Semrush et Moz qui se trompent de respectivement 120% et 150%.
Ratage total et tentative d’explication
Je sais pas vous mais moi, des outils dont les données ont une marge d’erreur comprise entre 40% et 150%, j’appelle pas ça des outils fiables. En effet, ça revient à piloter une voiture en ne sachant pas si la vitesse réelle, affichée à 100km/h, est de 140 ou de 250 ! Accrochez-vos ceintures, ça va piquer.
Pour expliquer ces divergences de données, on peut supposer – sans pouvoir rien prouver vu qu’aucun des acteurs n’est transparents sur les données qu’il donne – que Moz et Semrush comptent toutes sortes de backlinks, y compris en provenance d’urls totalement spammy, que Google filtre.
Le problème que posent ces divergences de données, c’est que les marges d’erreur vont varier de site en site, et qu’on ne va pas pouvoir les comparer avec les données de Google. En effet si j’étudie la concurrence de mon site boutique-wp.fr, je n’ai les données Google que pour mon propre site… sur la concurrence, je n’ai que les données peu fiables d’Ahrefs, Semrush, Moz et autres.
Est-ce mieux que rien ? ça se discute, car si mon chien d’aveugle m’emmène sur l’autoroute en toute confiance, peut-être que je ferais mieux de ne pas avoir de chien.
Etude 2 : les liens entrants (backlinks) d’une page web d’après Ahrefs, correspondent-ils aux liens reconnus par Google d’après la Google Search Console ?
Le nombre de backlinks et de domaines référents d’une page selon 4 sources : encore raté !
Je vais étudier les données d’une page profonde de mon site boutique-wp.fr.
| Source | Nombre de backlinks | Nombre de domaines référents |
|---|---|---|
| Ahrefs | 9 | 6 |
| Google Search Console | 1 1 | 7 |
Les évaluations d’Ahrefs et Google semblent proches en apparence, mais divergent un peu plus quand on entre dans le détail.
Ainsi, les sites référents ne diffèrent pas que d’1 site comme les chiffres 6 et 7 le laisseraient penser. En fait, Ahrefs et Google n’ont repéré que 5 domaines référents en commun ; 1 domaine n’est reconnu que par Ahrefs, et 2 domaines ne sont reconnus que par Google.
Bref, sur les 7 liens reconnus par Google, Ahrefs en a reconnu 5, soit 70%, donc une marge d’erreur de 30%.
On prend une autre page et on recommence : le fiasco continue
Si je refais la même expérience sur une autre page d’un autre site, j’obtiens ceci :
| Source | Nombre de backlinks | Nombre de domaines référents |
|---|---|---|
| Ahrefs | 6 | 5 |
| Google Search Console | 49 | 9 |
Cette fois, la différence dans le nombre de backlinks reconnus par les deux outils est très consistante – Google en reconnait environ 8 fois plus ! – et la différence de nombre de domaines référents est également substantielle, puisqu’Ahrefs n’en compte qu’environ la moitié.
En l’occurrence, Google compte des liens depuis 3 domaines de Pinterest (grosse autorité !), qu’Ahrefs ignore, ainsi qu’un autre domaine dont il évalue l’autorité à 24.
Je pourrais continuer ce petit jeu encore et encore. D’expérience, je sais depuis 3 ans que je fais du SEO, que les évaluations des outils SEO sont lourdement erronées, avec des marges d’erreur si variables qu’elles rendent les diagnostics très incertains.
Si par exemple, je me base sur les évaluations d’Ahrefs concernant le top 10 sur une requête, je sais d’avance qu’il se trompe sur tout : les backlinks de chaque url, les domaines référents, l’autorité du domaine : tout est faux, et faux de manière tellement variable qu’au final je ne peux rien conclure de fiable.
Et de cela je conclus que faire du SEO avec des outils aussi imprécis, c’est comme couper du bois avec une cuillère à soupe ou faire de la chirurgie avec un coupe-ongles.
Etude 3 : le trafic d’une page web d’après Ahrefs correspond-il au trafic selon la Google Search Console ?
Ahrefs fait des évaluations de trafic totalement fantaisistes
L’objectif numéro 1 du SEO consiste à faire monter le trafic de pages web.
Pour cela, il faut faire mieux que la concurrence – ce qui suppose de la connaître sur ses principaux paramètres, dont le trafic.
De même, quand on achète des backlinks (bouh, c’est très mal, nous dit Google), un des critères de choix est le trafic du site : car à quoi sert d’acheter un lien sur un site que personne ne visite ?
Notre seule source d’information concernant la concurrence, à part les sites eux-mêmes, c’est les outils comme Ahrefs, Semrush, Moz et toute la clique.
Mais que valent leurs évaluations du trafic ?
Je compare les chiffres de chaque source, sur 4 pages différentes, sur les 30 derniers jours :
| Page | Trafic selon Google Search Console | Trafic selon Ahrefs |
|---|---|---|
| A | 206 | 1 |
| B | 102 | 6 |
| C | 47 | 0 |
| D | 32 | 14 |
Là, je dirais que les évaluations d’Ahrefs sont juste catastrophiques.
Ahrefs, ou comment vendre des données qu’on n’a pas
Et ça s’explique facilement : Ahrefs donne là des chiffres qu’il n’a pas, qu’il n’a aucun moyen d’avoir, que seul Google possède.
Et c’est à la limite de l’escroquerie, d’afficher ainsi une « donnée », de prétendre être capable de la fournir, de la vendre en tant que composante d’un abonnement SEO, alors même qu’on sait d’avance qu’on ne l’a pas.

Autant, indexer le web pour compter les liens, Ahrefs peut le faire, autant savoir combien de fois les gens cliquent un lien dans Google, Ahrefs en est strictement incapable, ce qui ne l’empêche pourtant pas de le faire. Et de nous induire massivement en erreur, en se faisant payer pour cela.
Là, si j’ose une métaphore pour évaluer la qualité de l’outil, je dirais que ça revient à allumer du feu avec un paquet de chips, ou à nettoyer une chemise blanche avec un tampon hygiénique usagé.
De fausses « données » inutilisables en pratique
L’erreur a une forte conséquence : les plateformes de netlinking n’ont pas non plus, par définition, les données de trafic qu’elles affichent ; elles utilisent Ahrefs, Semrush, Moz ou d’autres. Ce qui fait que de fausses données sont publiées et utilisées comme critères de choix. Je constate par exemple que tel ou tel de mes sites voit son trafic estimé ici ou là à 600 par mois, alors qu’il est entre 4 500 et 6 000 par mois – soit 7,5 à 10 fois plus, rien que ça.
On ne peut même pas se consoler avec l’hypothèse que l’énorme marge d’erreur serait une constante, et qu’on pourrait donc se livrer malgré elle à des comparaisons entre des évaluations également mauvaises ; car rien ne permet de prouver ni de tester une telle hypothèse, vu qu’on n’a pas les chiffres du trafic des milliards de sites qu’on ne possède pas. On ne peut donc absolument jamais comparer notre trafic et celui de la concurrence.
J’en conclus donc que la pseudo-donnée de trafic, quel que soit l’outil SEO qui l’évalue, est inutilisable ; elle ne mérite même pas le nom de donnée : c’est au mieux une grave erreur, au pire une fraude cynique.
(Et au passage, l’erreur ou la fraude des outils ressemblent comme deux gouttes d’eau à l’erreur et à la fraude des théoriciens et des praticiens du référencement.
Vous gérez votre morale comme vous voulez. Moi je plaide pour
- des outils transparents (y compris sur leurs lacunes),
- des théoriciens compétents (et pas des clowns pseudo-scientifiques aux méthodes d’astrologues en biodynamie),
- et des praticiens honnêtes (pas des vendeurs de sornettes abusant de la naïveté de leurs clients).)
Etude 4 : le nombre de mots-clés d’une page web d’après Ahrefs correspond-il au nombre de mots-clés selon la Google Search Console ?
Google nous cache nos propres données sur les requêtes
L’algorithme de Google peut accorder à une page un certain nombre de mots-clés : parfois 0, parfois des centaines voire des milliers.
Ahrefs fournit une estimation de ce nombre de mots-clés, et l’identité des mots-clés en question.
Google Search Console aussi.
Mais, il y a un hic : comme je l’ai déjà démontré dans mes tests sur les mots-clés, Google ne nous révèle dans la Search Console qu’un petit nombre des requêtes ayant provoqué l’affichage d’une page de notre site dans les résultats de recherche. Il nous donne le total, mais seulement une partie du détail du contenu des requêtes. En gros : 10 à 30% des mots-clés seulement. Donc, 70 à 90% des requêtes nous sont inconnues ! Merci Google, trop sympa les « données gratuites » sur notre propre trafic. Données qu’au passage, il utilise massivement pour vendre de la pub, sans les avoir payées… (vous connaissez l’histoire : quand c’est gratuit c’est nous le produit. Je rappelle que Google n’est pas d’abord un moteur de recherche, mais bel et bien la première régie publicitaire du monde.)
Vous voyez le problème flagrant ???
D’office mon étude se révèle impossible, vu que je dois comparer quelque chose que je ne connais pas (les requêtes cachées par Google), avec quelque chose qu’Ahrefs ne connait pas non plus. Le SEO, c’est une histoire de fous ; combien faut-il de référenceurs pour changer une ampoule ? Au moins 18 millions je dirais, d’après les données.
Ahrefs ne reconnait au mieux qu’1/3 des mots-clés
N’empêche, les deux sources nous donnent des chiffres et des listes de mots-clés. Etudions donc le peu que nous avons :
| Page | Mots-clés selon Google Search Console | Mots-clés selon Ahrefs |
|---|---|---|
| A | 117 | 29 |
| B | 76 | 24 |
| C | 84 | 17 |
| D | 44 | 3 |
Et patatras : là aussi, on constate qu’Ahrefs est lourdement à côté de la plaque et peut se tromper avec une marge d’erreur colossale de 15 fois moins que la donnée Google. Aucune de ses estimations n’est proche de la donnée la plus fiable, au mieux la sous-évaluation est de 300%.
Et là aussi, la marge d’erreur est tout sauf constante, ce qui empêche à nouveau de tenter toute comparaison entre deux urls : on ne sait pas s’il se trompe de 3 ou de 15.
Des données bonnes pour la poubelle
Pour être bien clair, disons que je doive résoudre le problème suivant : Paul est-il plus vieux qu’Annie ?
La réalité de leurs âges pourrait être : Paul a 30 ans, Annie a 25 ans, donc Paul est plus vieux qu’Annie car il a 5 ans de plus.
Mais avec les marges d’erreur d’Ahrefs, le problème se formulerait ainsi :
Paul a entre 10 et 300 ans, Annie a entre 15 et 450 ans… allez donc calculer quoi que ce soit avec des données aussi fausses !!!
Bref, la conclusion va à nouveau en désespérer plus d’un, et vous faire douter de l’opportunité de claquer des euros par centaines tous les mois dans ce type d’outil : on ne peut rien faire de solide avec des chiffres pareils, et vendre de tels chiffres revient à vendre de la scientologie garantie 100% véridique, dixit Raël.
Etude 5 : les mots-clés d’une page web d’après Ahrefs correspondent-ils aux mots-clés selon la Google Search Console ?
Ce serait super si je pouvais savoir ce que les gens ont tapé avant d’arriver sur ma page… Hélas Ahrefs n’en sait rien
Si j’essaye d’approfondir un peu ce que Google et Ahrefs me disent à propos des mots-clés d’une de mes pages, je constate là encore des désaccords majeurs et des chiffres qui divergent fortement. Car comme on vient de le voir, ils ne sont pas d’accord sur le nombre, et pas non plus sur le contenu des requêtes.
Par exemple, Google me dit que le 2è mot-clé qui a eu le plus d’impressions les 30 derniers jours sur une de mes pages, en a eu 99 et se classe 1er dessus en moyenne.
Or, quand je regarde dans Ahrefs sur quels mots-clés se classe ma page, je vois qu’il n’a tout simplement pas compté ce mot-clé. On tombe dans les bas-fonds de la fiabilité là.
Pire : quand je cherche les données de ce mot-clé dans Ahrefs, je vois qu’il affirme que ce mot-clé fait moins de 10 recherches par mois. Donc, 10 fois moins que ce que me dit Google.
Je cherche mon mot-clé le plus vu selon Google : 241 impressions ; Ahrefs me dit que ce mot-clé n’est cherché qu’entre 0 et 10 fois par mois, soit une erreur comprise entre 24 fois moins que le chiffre réel, et l’infini.
Imaginons qu’un comptable fasse ce genre d’erreur massive, il finirait vite en prison ou banni de la profession.
Un cas pratique
J’ai eu une cliente qui avait ce profil :
- psychologue à Bruxelles, avec un site naissant, sans autorité ni trafic
- elle me demande de faire monter son trafic pour obtenir des patients
J’ai listé les mots-clés liés aux services qu’elle propose : par exemple dépression, suicide, addiction.
Il m’a semblé logique de combiner ces mots-clés avec ses mots-clés centraux, psychologue et Bruxelles. Car évidemment, il est inenvisageable qu’un bébé site inconnu puisse ranker sur dépression, suicide, addiction, tout courts.
J’ai ensuite cherché la liste de ces combinaisons avec Ahrefs.
Résultat : il m’a répondu que quasiment rien de tout cela n’était cherché.
Donc, Ahrefs ne m’a servi strictement à rien, qu’à me faire comprendre que je devais me passer de lui.
J’ai co-écrit des articles sur ces thèmes avec la psychologue. J’ai aussi suggéré qu’on écrive un article sur le thème « psychothérapie pour sourds » (silence total d’Ahrefs sur ce mot-clé et ses variantes), en calculant que la concurrence ne traiterait probablement pas ce thème, alors qu’il existe un public-cible significatif.
Bilan : le trafic monte, la page psychothérapie pour sourds est la deuxième la plus vue après la page d’accueil, et la psy a obtenu quelques clients. L’opération n’a commencé que trois mois avant la rédaction de cet article donc j’en sais encore trop peu, mais je pense que j’ai bien fait d’ignorer les fausses données d’Ahrefs.
Conclusion : est-il quand même possible de faire du bon référencement ?
Ahrefs est à ma connaissance le meilleur outil d’analyse SEO actuellement disponible. LOL !!!
Pourtant, il est lourdement fautif.
Un peu plus fiable que ses concurrents sur les liens et les domaines référents, il fournit des évaluations terriblement erronées du trafic et des mots-clés.
Vous noterez que je n’ai pas fait le comparatif en entier avec les données Semrush et Moz : les ayant déjà vu à l’oeuvre par le passé et via leurs infos totalement erronées sur les plateformes de netlinking, je refuse d’aller gaspiller mon argent pour leur acheter un abonnement, juste pour démontrer l’évidence, à savoir qu’ils vendent des données fantaisistes.
Je conclurai donc qu’Ahrefs est utile : sans lui, on est totalement aveugle ; avec lui, on distingue vaguement des formes.
Si je comparais cela à une visite chez l’oculiste, je dirais que grâce aux merveilleuses lunettes d’Ahrefs, on passe en gros d’une vue de 0/10 à une vue de 1/10. C’est mieux que rien. C’est le peu qu’on a.
Je conclurai également que ce caractère absolument non-fiable des prétendues données avec lesquelles on fait du SEO, explique assez bien la prolifération de bonimenteurs, charlatans, gourous, et autres grands-maîtres super experts dans cette pseudo-science qu’est le référencement.
En gros le référenceur SEO moyen, c’est quelqu’un
- qui utilise des outils mensongers pour obtenir des pseudo-données très fausses,
- qui interprète ces fausses données dans le cadre de théories non-prouvées,
- et dont il se sert comme mesures et références pour mettre en oeuvre des techniques de soi-disant optimisation sans aucun fondement scientifique.
En résumé, c’est quelqu’un qui a faux sur toute la ligne, mais qui se dit détenteur d’un savoir stratégique qui vaut très cher.
Par conséquent je dirais aussi qu’un bon référenceur SEO doit rassembler les caractéristiques suivantes :
- connaissant les grandes faiblesses de ses outils, il s’en méfie et se garde d’en tirer des conséquences hâtives
- sachant que la plupart des théories qui circulent sont fantaisistes, il se garde de les appliquer
- pour mettre en oeuvre des techniques d’optimisation, il réalise des tests autant que possible, et pour en jauger l’efficacité il n’utilise que les chiffres, partiellement fiables, de la Google Search Console ou d’autres sources émanant directement des moteurs de recherche ou des outils statistiques (Analytics, Matomo etc).
Pour ne pas finir sur une note triste, j’ajouterai enfin ceci. Peut-on quand même faire du bon SEO ?
Là, je dirais que oui. Dès lors qu’on intègre les faits (y compris l’énorme dose d’incertitude les concernant), dès lors qu’on met les théories à l’épreuve, dès lors qu’on ne se ment pas à soi-même et qu’on n’embrouille pas autrui, il y a moyen de savoir, dans une certaine mesure, après beaucoup d’efforts, ce qui fait augmenter le trafic ou pas, ce qu’il est rentable de faire en termes d’argent et de temps de travail.
Mais si vous cherchez des outils exacts et des méthodes magiques, moi, je n’en connais pas.





