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La vitesse de chargement compte : mythe ou réalité ?
La doxa SEO dit que oui… et que non
Sur les sites de SEO, on lit fréquemment qu’il faut faire ceci et cela pour améliorer la vitesse de chargement des pages, parce que ce serait un facteur de classement – dont l’importance varie selon les sources.
En général, ces affirmations sont étayées par environ 0 preuve : ils vous disent quoi faire et comment, mais omettent de montrer des preuves du besoin qu’ils viennent combler.
Ici et là, d’autres SEO disent que c’est soit un facteur négligeable, soit pas un facteur du tout.
Je serais bien incapable de vous donner les sources exactes de ce que je dis là : si je retombe sur certains de ces sites, je reviendrai en parler ici.
Toujours est-il que moi, après 3 ans de SEO assez intensif, je ne sais finalement pas du tout quoi croire.
J’optimise sans trop savoir pourquoi
J’ai pourtant passé des dizaines d’heures à « optimiser » les performances de mes sites, j’ai même claqué des sous :
- j’ai payé pendant un an plugin comme WP Rocket qui se propose de faire divers optimisations
- j’ai investi dans un plugin AMP qui s’est révélé catastrophiquement dysfonctionnel, alors qu’il était censé aider les versions mobiles de mes pages à mieux ranker ( = être classées en meilleure position dans les résultats de Google)
- j’optimise mes images avec un abonnement Shortpixel, estimant que c’est souvent ce qui alourdit le plus une page du genre tutoriel (ex, 10 images de 500 ko vont faire une page qui doit charger 5 mo, et sur mobile avec une connexion faible ça va franchement se ressentir),
- j’utilise évidemment Autoptimize pour minifier et concaténer mon JS et mon CSS,
- j’utilise divers plugins de cache comme LiteSpeed, Cache Enabler ou W3 Total Cache pour mémoriser ou précalculer mes pages,
- et je sers certains sites depuis CloudFlare pour minimiser le délai de réponse entre les utilisateurs à l’étranger et mon site (qui du coup, est servi depuis les serveurs de CloudFlare partout dans le monde, et pas juste depuis un serveur en France).
Et puis bien sûr, j’ai passé un temps fou à tester, re-tester et triple-tester mes pages avec des outils comme GTmetrix et bien sûr l’inévitable Pagespeed de Google.
Bref, tout le blabla que j’ai lu et écouté en vidéo m’a convaincu, et j’optimise à fond les ballons comme un bon petit soldat du référencement white hat.
Pourtant, je n’ai toujours aucune certitude sur l’opportunité de consacrer des ressources en temps et en argent pour améliorer le temps de chargement des pages.
Et franchement, je suis moyennement satisfait de cette situation bancale.
C’est pourquoi, je décide qu’il est temps d’en finir : il faut tirer les choses au clair et déterminer si oui ou non la vitesse de chargement est un facteur de classement ou pas.
L’enjeu est de taille : s’il s’avère que les performances on s’en fout, alors pourquoi je gaspille ma thune et ma vie ? Et s’il s’avère qu’elles jouent un rôle crucial dans l’acquisition de mon trafic, alors pourquoi je n’en deviens pas plus expert ?
Hm. A voir.
Tester les performances
A priori, je trouve très difficile et compliqué techniquement d’aller tester l’impact des performances sur le trafic Google.
Bien sûr, on pourrait dégrader les performances d’un vrai site, tout simplement en annulant toute optimisation ; mais vu que tous mes sites sont relativement optimisés, et qu’il faudrait attendre des mois pour voir un résultat probant, j’ai une forte réticence à aller casser mes propres œuvres juste pour avoir une info – stratégique et importante certes, mais qui ne vaut peut-être pas autant que des centaines d’heures de travail.
Et on pourrait créer un site tout neuf, totalement non-optimisé ; mais dans ce cas le fait qu’il ne ranke pas ne serait pas facilement attribuable à sa non-optimisation, mais simplement à son extrême jeunesse et à son manque total de contenus et d’autorité. Il faudrait développer un tel site pendant des années… et on ne saurait toujours pas avec certitude si ses métriques sont dues à ses performances, ou à tout le reste.
Bref, je ne voyais pas comment tester.
Puis, quelqu’un avec qui je collabore m’a suggéré l’idée – j’ai honte de ne pas l’avoir eue tout seul : il suffit peut-être de regarder la SERP (la page des résultats de Google), et de voir si les sites en page 1 d’une requête donnée ont des notes de performance athlétiques sur Pagespeed, tandis que les sites en page 5 auraient des notes de cancres ?
Assez séduisante au premier abord, l’idée me semble quand même assez incertaine : il y a tellement de facteurs possibles, qui puissent expliquer les différences de classement, que je ne suis pas sûr que cette méthode soit très fiable. Seulement, je n’en vois pas de meilleure, à part sacrifier des contenus optimisés sur l’autel de la connaissance SEO…
Bref, je vais utiliser cette méthode, étudier des SERPs sur des requêtes dans divers domaines, et voir ce que ça donne.
Si un résultat est flagrant, j’en conclurai quelque chose, dans un sens ou dans l’autre.
Si les résultats sont douteux, je conclurai que je n’y comprends toujours rien, et je pleurerai un peu.
C’est parti !
Préambule méthodologique
Stop, pas si vite…
Avant d’étudier n’importe quoi, il faut que je réfléchisse.
Evitement de certains secteurs et types de requête
La méthode étant casse-gueule à mon avis, il faut que j’évite certains secteurs d’activité économique et certains types de requête.
Pourquoi ?
Secteurs YMYL
Parce que des domaines d’activité comme la médecine, la banque et la finance, le droit, l’e-commerce, et d’autres, sont classé « YMYL » par Google.
YMYL = your money your life, votre argent votre vie, donc il s’agit d’infos avec lesquels Google ne rigole pas. Il filtre les sites illégaux et frauduleux, ou simplement non-experts.
J’imagine qu’il pourrait aussi considérer les backlinks différemment dans ces secteurs.
Bref, les sites qui traitent de ces thèmes ne rankent probablement pas exactement selon les mêmes critères que le site web moyen. Donc je préfère les éviter.
Requêtes transactionnelles et commerciales
Et parce que les sites répondant à des requêtes transactionnelles et commerciales, celles qui relèvent à des degrés divers d’une intention d’achat et d’un acte d’achat, rankent probablement sur des critères comme le prix du produit, la réputation du vendeur et les avis clients, et les critères EEAT (experience, expertise, authoritativeness, trustworthyness).
Ce n’est pas l’endroit pour faire un cours là-dessus mais je pense que ces critères ont un poids important dans les requêtes commerciales et transactionnelles, qui peut minimiser l’importance des performances, si celles-ci sont un facteur.
En résumé je préfère n’étudier que des requêtes qui m’ont l’air banales, sans enjeux particuliers, sans facteurs spéciaux si une telle chose existe.
Note mobile, note ordinateur et index mobile-first
Ensuite, dans nos analyses, il faudra garder à l’esprit un fait fondamental : depuis que le trafic sur mobile est devenu majoritaire, dans les années 2015 à 2020, Google a suivi la tendance et est passé en mode « index mobile-first » : c’est-à-dire que pour indexer le web, il prend pour référence la version mobile. Ouais. Même si vous avez totalement oublié de l’optimiser.
En 2024, le trafic mobile représente en moyenne entre 60 et 65% du trafic total. Donc environ 2/3. Cela justifie de lui donner la priorité.
Pourtant, Pagespeed continue à nous présenter la note sur ordi.
Pourquoi ? Je ne suis sûr de rien, je ne suis pas spécialement pote avec les ingénieurs de Google (à les écouter, de nombreux SEO semblent prendre le café régulièrement avec Larry Page et toute la clique de Mountain View).
Mais j’imagine que Google ne présente pas exactement le même classement en fonction de l’appareil sur lequel se fait la recherche. Si une page a une version mobile totalement dysfonctionnelle, elle pourra peut-être ranker quand même dans les recherches faites sur ordinateur. Il faudra que je vérifie cette hypothèse, un jour, un mardi, quand j’aurai pas piscine.
Conclusion : si les notes de performances comptent dans le classement Google, alors probablement la note mobile a plus de poids et d’impact que la note ordinateur.
Problématique : le facteur de performance technique ( = vitesse de chargement) apparait-il important sur une page de résultats (SERP) de Google ?
Dans ces deux études (observation et analyse de données existantes), je google des expressions anodines :
- espèces d’escargots
- faire des effets en tennis de table
Puis, je passe les urls présentées sur la page des résultats de Google dans l’outil de mesure des performances techniques Google PageSpeed, qui leur donne des notes de 0 à 100, sur mobile et sur ordinateur.
Je représente les données sur des graphiques, qui mettent en évidence le fait que la vitesse des pages soit oui ou non un facteur important de classement des résultats sur Google.
Etudes
- Etude n°1.1 : positions Google et notes Pagespeed des 30 principaux résultats sur la requête « espèces d’escargots »
- Etude n°1.2 : positions Google et notes Pagespeed des résultats 1-10, 51-60 et 101-110 sur la requête « faire des effets en tennis de table »
Résultats attendus :
- confirme ou infirme l’importance des notes Google PageSpeed sur mobile et ordinateur
- économie de temps si c’est inefficace (pas besoin d’optimiser)
- gain de trafic si l’optimisation s’avère efficace (et gain de revenus si le site est monétisé)
Problématique : l’optimisation et la désoptimisation des performances techniques influence-t-elle le trafic ?
Dans ces deux tests, je cherche à évaluer l’impact de la vitesse de chargement sur le trafic, par deux méthodes.Dans le premier test, je désoptimise volontairement des pages, en leur ajoutant d’énormes images non-optimisées, pour ralentir le chargement de la page, notamment sur mobile avec connexion wifi.J’ajoute notamment des gifs animés très lourds, de 8 Mo par exemple : la trafic mobile de cette page va-t-il s’effondrer ?Dans le second test, j’installe et configure correctement une excellente solution de cache multifonctions niveau serveur : LiteSpeed. Ce cache optimise de nombreux paramètres techniques et fait considérablement monter les notes PageSpeed.Donc ces notes PageSpeed améliorées vont-elles se traduire par une augmentation substantielle du trafic depuis Google ?Tests
- Etude n°2.1 : désoptimisation volontaire des temps de chargement de pages, par ajout d’images très lourdes et lentes à charger
- Etude n°2.2 : optimisation des vitesses de chargement d’un site par utilisation du cache LiteSpeed
- Etude n°2.3 : optimisation des vitesses de chargement d’un site par utilisation du cache LiteSpeed (2è test)
Résultats attendus :
- confirme ou infirme l’importance des performances techniques et de la vitesse de chargement des pages
- économie de temps et d’argent si c’est inefficace (pas besoin d’investir dans des plugins et des services tiers)
- gain de trafic si l’optimisation s’avère efficace
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